Erreurs de Frappes - Chapitre 1 - Prologue

Chapitre 1 – Prologue

 

 

 

            Au journal télévisé rien ne semble aller, forcément on est au mois de septembre, les plus jeunes retournent sur les bancs pour préparer un avenir incertain, les moins jeunes cherchent un emploi et ceux qui ont déjà un emploi réalisent tout ce qu’il faut payer ce mois-ci, taxe d’habitation, troisième tiers des impôts, financement de la rentrée des classes pour les plus chanceux. Les plus vieux n’ont pas été épargnés cet été, pour sûr il a fait chaud, beaucoup trop chaud, certains n’ont pu y résister, quinze milles personnes qui s’en sont allées vers une destinée plus éclairée peut être. Le présentateur du journal ne semble pas s’arrêter de critiquer le gouvernement. Devant sa télévision, Maxence hausse le ton :

 

 

 

-         Mais pourquoi il parle celui là, il ne sait même ce que c’est d’avoir des responsabilités ! Ah, ces journalistes tous les mêmes, quand ça va bien ils ne disent rien, mais quand ça va mal ils ne se gênent pas pour tirer sur le pouvoir ! Bande d’hypocrites !

 

 

 

Maxence continue de parler tout seul, c’est son rituel. Pourtant, lui pourrait se plaindre, mais il préfère critiquer les autres plutôt que résoudre ces propres problèmes. Drôle de personnage.

 

Quelqu’un sonne à la porte :

 

 

 

-         Entrez !

 

 

 

La porte s’ouvre timidement, c’est la nouvelle factrice, elle vient de débarquer de la Capitale, ses gestes sont imprécis, elle fait tomber toutes ses lettres à terre.

 

 

 

-         Bonjour, M. Fabrard, un recommandé pour vous.

 

-         Laissez, je m’en occuperai plus tard

 

-         Mais…Monsieur il me faudrait une signature, c’est la règle.

 

-         Bien imitez ma signature, ou donnez la lettre à mon chien, de toute façon qu’est-ce que ça peut changer ?

 

 

 

Voyant que la factrice devient de plus en plus gênée, il décide de signer :

 

 

 

-         Voilà, comme si je ne savais pas que j’étais viré, je vous jure !

 

-         Merci bien Monsieur, au revoir.

 

 

 

La factrice s’en va. Maxence ouvre la lettre, elle contient un document lui stipulant son licenciement express de la Banque pour faute lourde :

 

 

 

-         Je t’en donnerai des fautes lourdes moi, je te jure, saleté de paperasse !

 

 

 

Maxence jette la lettre à terre, puis il la ramasse et la déchire énergiquement ; après sa réalisation de cotillons, il décide de se calmer. Son attention se porte sur un reportage choc qui passe au journal de la région Rhône-Alpes :

 

 

 

« - Bonjour Jacques, je suis en direct de Valence dans la Drôme en compagnie du commissaire Mavaul, l’homme qui est chargé de résoudre ce que l’on appelle l’affaire du meurtrier au gant blanc, le tueur en série qui sévit depuis un mois maintenant dans le Chef-lieu drômois, que pensez-vous de l’affaire commissaire ?

 

- Personnellement je ne peux en dire beaucoup sur le sujet, je dirai juste que l’affaire sera résolu, rien d’autre à signaler pour l’instant, veuillez laisser la police faire son travail à présent »

 

 

 

L’effervescence de la foule de journalistes se communique à travers l’écran, chacun veut sa petite information histoire de faire mieux que le concurrent. On assiste à une scène presque irréel dans la région, le parvis de l’hôtel de Ville ne se désemplit pas, bien au contraire. La valse de micros accouplée aux rafales de flash fait penser à ces défilés de mode mondains de la capitale. Malheureusement, le mondain n’est pas l’affaire du commissaire, d’ailleurs il n’est pas de ceux qui parlent beaucoup, son style n’est pas à la formule choc qui fait les gros titres le lendemain dans tous les journaux. On voit l’homme stoïque qui avance doucement à travers la foule, aidé en cela par quelques agents. Il est suivi de très près par son équipe, parmi eux un jeune homme va interpellé Maxence :

 

 

 

-         L’enfoiré ! Il est de retour, il l’a fait exprès ce traître ! Jaz le judas !

 

 

 

Sur ces belles paroles, Maxence reprend sa colère, il en vient à jeter sa télécommande dans l’écran du pauvre téléviseur qui explose pathétiquement. Sa rage est grande, il ne se maîtrise plus du tout. La semaine dernière, il se fait renvoyer pour mauvaise conduite, du moins parce qu’il a eu une échauffourée avec un client de sa banque. Aujourd’hui, il revoit Jaz, Jaz le beau gosse, Jaz le player, Jaz le bourreau des cœurs, en tout cas du sien. Soudain le téléphone sonne, Maxence ne réagit pas tout de suite, au bout de trois sonneries le répondeur se déclenche :

 

 

 

-         Allo Max, c’est Lou, tu vas bien, j’ai appris pour ton boulot, qu’est-ce qui t’a pris ? Tu est devenu fou ou quoi. Rappelle moi s’il te plait. Bisous.

 

 

 

Louise Célbano, une sacrée jolie femme. Maxence est restée pendant cinq années avec elle, cette rousse aux yeux marron avait eu son cœur tout entier, la passion avait envahi l’âme de Maxence, malheureusement la séparation une année auparavant avait complètement anéanti le moral du pauvre Maxence. La faute à Jaz le player comme dirait Maxence. Il décide de rappeler Louise pour savoir si elle est au courant à propos de l’arrivée nouvelle de Jaz. Il tape avec rapidité un numéro qu’il a trop souvent composé peut-être, quelques secondes plus tard un jeune garçon décroche :

 

 

 

-         Allo, c’est qui dans le téléphone ?

 

-         Allo Paolo, c’est Max, tu peux me passer ta maman s’il te plait ?

 

-         Oui, mais elle peut pas te parler « Masque », elle est en train de me préparer un bain parce que je suis sale comme un cochon, parce que tout à l’heure j’étais avec Simon et on a joué à la bataille dans la boue, alors Maman elle m’a engueulé et…

 

 

 

Maxence décide d’interrompre le récit épique du jeune Paolo

 

 

 

-         Heu oui, mais je ne peux vraiment pas parler à ta mère ?

 

-         Elle arrive, tiens je te la passe, au revoir « Masque » !

 

-         Allo, Max, tu vas bien ?

 

-         Oui, juste un peu énervé par la vie en général, mais sinon tout va bien vu que ma vie est une réussite, je n’ai pas de travail et pas de famille, pas mal non ?

 

 

 

Heurtée par les paroles de Maxence, Lou ne répond rien, elle sait qu’elle est en partie fautive de ce qui arrive à présent à son ex petit ami. Puis elle se lance d’une voie hésitante :

 

 

 

-         Tu sais Max, je me suis excusée déjà mille fois de ce qu’il s’est passé, je ne veux pas revenir là-dessus, ok ?

 

-         D’accord, de toute façon je n’appelle pas pour ça, tu as vu Jaz, dit-il sèchement, monsieur passe à la télévision, c’est une star. A peine sorti du moule, il vient jouer au cow-boy parmi nous.

 

-         Oui, je l’ai vu, il vient pour résoudre le mystère du gant blanc, j’ai pu discuter avec lui aujourd’hui, pourrait-tu arrêter de le critiquer un peu. Il ne fait que son boulot, tu sais c’est quelqu’un d’intègre dans tout ce qu’il fait, s’il est passé à la télé, ce n’est que pour satisfaire les médias et non sa petite personne comme tu le penses.

 

-         Ah ouais, et sa petite personne était intègre quand il a eu Paolo avec toi dans mon dos il y a quatre ans de cela ?

 

 

 

Louise raccroche sans plus tarder le téléphone. Elle ne veut pas s’engager dans une telle discussion avec Maxence. L’orage éclate. Jaz était le sujet parfait pour transformer un jour ensoleillé en jour de pluie entre les deux jeunes gens. Maxence n’avait jamais accepté que les deux personnes en qui il avait eu le plus confiance pendant longtemps aient pu le tromper de la sorte. Un enfant n’est déjà pas un sujet qui s’aborde à la légère, alors quand des circonstances telles viennent compliquer le tout, l’atmosphère devient invivable.

 

 

 

Louise fait prendre son bain au petit Paolo qui n’en finit pas de jacter, il raconte que plus tard il aura un bateau et qu’il deviendrait pirate. Il aura un perroquet qu’il appellera Biscuit, parce que le perroquet n’aimera manger que les biscuits sinon il mourra. L’imagination de l’enfant semble sans faille. La mère de l’enfant exécute machinalement les gestes de toilette sur le corps du bambin. Elle ne fait que penser à la récente discussion, elle ne sait que faire. Après cela, elle décide de faire manger le petit Paolo, des frites et un steak, classique mais efficace, le bambin se régale, il ne parle plus d’ailleurs. Il se fait tard, elle déc

Leave a Reply